
Europe Femme et Afrique – 12 avril 2019

Think Tank

Entrée libre – repas et verre de l’amitié prévus.
Par Juliette de Causans, co-fondatrice du think tank Eurocratia
L’égalité femmes-hommes est sous tension à l’heure du Grand Confinement comme souligné par Marlène Schiappa dans sa note à la Fondation Jean Jaurès qui dresse un bilan de tous les risques qui pèsent sur les droits des femmes partout dans le monde durant cette crise sans précédent où les femmes sont en première ligne dans les métiers de service, de soin et de l’éducation : infirmières, caissières, enseignantes, mères de famille, aidantes familiales pour ne citer qu’elles.
https://jean-jaures.org/nos-productions/covid-19-menaces-sur-les-femmes-dans-le-monde
Les remises en cause du droit à l’avortement, la déscolarisation des filles avec les mariages forcés qui en découlent, les violences domestiques, l’annulation des évènements internationaux en rapport avec l’égalité de genre ainsi que l’effacement des femmes des médias durant la crise pose la question de la pérennité des combats pour l’égalité dans le monde d’après et de la recherche de plus de justice sociale en faveur des employés de l’économie du « care » majoritairement féminin. Ces métiers de « première ligne » dans la guerre sanitaire livrée contre le Coronavirus.
L’égalité femmes-hommes est la grande cause du quinquennat, pourtant, elle n’est pas encore pour le moment présente dans les thèmes des groupes de parlementaires auto-constitués, ni d’ailleurs de la grande-consultation organisée par la République En Marche auprès de ses adhérents. C’est d’ailleurs d’autant plus préoccupant que les termes employés de ces consultations, en particulier, du groupe de parlementaire du #Jourdaprès tels que « l’homme face à la machine » sont peu inclusifs. Les femmes étant effacées purement et simplement de la grammaire de la réflexion.
Aujourd’hui, il est temps de construire le monde d’après avec les femmes, un monde plus inclusif qui valorise les métiers et activités à haute valeur sociale ajoutée pour que la grande cause du quinquennat soit tenue à sa juste place comme priorité de l’après crise. Les exemples historiques nous invitent à penser le rôle des politiques dans l’après crise et du pacte social renforcé. Ainsi, après la 1ere guerre mondiale les femmes britanniques ont obtenu le droit de vote qui leur était dénié jusque là – non d’ailleurs au nom de l’égalité des sexes, mais en reconnaissance de leurs actions dans les usines et auprès des blessés durant la guerre. Actuellement, il y a une « guerre sanitaire », ce sont bien ces termes qui ont été employés par Emmanuel Macron lors de sa première allocation annonçant le Grand confinement, Grand confinement qui ne manquera pas de générer le risque d’une grande crise sociale et économique. Or, dans cette « guerre sanitaire », ce sont les femmes sont majoritairement « au front » dans ces métiers sous-payés du soin, de l’éducation, de la vente, du nettoyage quand l’activité n’est pas gratuite au foyer à travers les tâches ménagères et éducatives. Certaines activités professionnelles fortement féminisées comme la couture subiraient même une injonction de gratuité sur la durée comme le dénonce le collectif « bas les masques ». Il est pourtant possible de construire davantage d’égalité, il s’agit d’un devoir moral et politique.
Le Monde d’après et de maintenant doit valoriser à sa juste valeur les métiers et activités à haute valeur sociale ajoutée, notamment, en rémunérant davantage les métiers du care fortement féminisés ainsi que les activités domestiques à travers un «Equality New Deal» post crise pour reprendre les termes du « New Deal » américain de la Grande Dépression de 1929 ou du Green New Deal en matière de transition écologique proposé actuellement à juste titre par de nombreuses personnalités.
Que pourrait être cet « Equality New Deal » ? Une réflexion sur la rémunération et le travail gratuit que l’on demande aux femmes. Cela passerait par une revalorisation des salaires sur le fondement de l’égalité femmes-hommes, notamment, des infirmières (bac + 3), leur accompagnement pour obtenir des postes de direction dans les hôpitaux et une montée en compétence de gestion. Ce serait une revalorisation des métiers dits « sociaux », de « nettoyage » et de l’éducation à hauteur des diplômes dans la fonction publique (à titre d’exemple, pour présenter le concours, il est exigé de l’enseignant un bac + 5, pour le concours externe de l’ENA, un bac + 3) et/ou de leur utilité au profit de l’autre. Ce serait un paiement du travail des couturières professionnelles pour les masques en tissus aujourd’hui vendus en pharmacie, qui génèrent donc du profit et des droits sociaux dont elles ne bénéficient pas (la gratuité impliquant une absence de cotisation). Cet « Equality New Deal » pourrait passer par des cotisations sociales majorées sur les métiers à faible valeur sociale ajoutée (comme par exemple, les métiers de la finance, des plateformes numériques non solidaires) en vue d’une redistribution directe vers les rémunérations/pensions de retraite des métiers à haute valeur sociale ajoutée. Cela pourrait passer très concrètement par la création d’une dotation par enfant élevé au profit des parents au foyer à l’heure de la retraite voire durant la vie non en pourcentage mais en valeur plancher de 300 euros par enfant majoré en cas de famille monoparentale, ceci, de façon déconnectée des rémunérations éventuelles du conjoint. Les femmes doivent bénéficier de la juste rémunération pour leur travail quotidien trop souvent considéré comme « gratuits ». Le « gratuit » étant synonyme – à tort dans l’esprit et le comportement de certains, comme sans valeur. Cette solidarité exprimée au quotidien par les femmes, doit s’exprimer en solidarité économique à leur égard car trop de personnes considèrent la valeur d’une personne à sa rémunération. Les allocations familiales devant dans une certaine mesure être déconnectées des revenus du foyer pour être rattachées directement à la personne en charge des activités domestiques et qui sacrifie sa progression professionnelle au profit des autres. Il ne s’agirait pas là de « charité » mais bien de justice, de juste rémunération, d’un changement de paradigme afin que ce qui construit les liens sociaux soient davantage valorisés, et donc, que le travail invisible des femmes soit enfin payé.
Il existe nombre d’économistes qui ont pensé la valeur sociale des métiers. Or, ces économistes ne semblent pas suffisamment consulté.e.s. Ceci doit être réparé. Une nouvelle politique d’égalité doit être pensée de façon volontariste pour briser les plafonds de mère et de verre au sein de nos sociétés dysfonctionnelles. De nombreuses pistes existent : la formation à distance pourrait être offerte pour les femmes au foyer en congé parental ou sans emploi, afin que ces moments charnières qui coûtent en général aux femmes leur progression de carrière soient des moments de progrès et d’ouverture de perspective, la valorisation des métiers dit de « back-office » terme ayant émergé des réflexions de l’après-covid. Le confinement aura eu le mérite de montrer la voie vers une Nation apprenante à domicile et la vraie valeur de la solidarité. Que cette valeur soit justement récompensée.
Par Juliette de Causans
Co-Fondatrice du think tank Eurocratia
Aujourd’hui, nous sommes plus de trois milliards de personnes confinées, enfermées avec nous-mêmes, nos propres réflexions et le reste d’une fenêtre ouverte sur le monde à travers les réseaux sociaux et les médias.
Notre mode de vie est passée en revue, notre organisation sociale dans un tourbillon de réflexion, comme un scandale à l’échelle de l’humanité alors que nous restons privilégiés grâce à un approvisionnement constant en denrées alimentaires et en divertissement. Nos libertés publiques ont été réduites de manière drastique, notamment, celle d’aller et de venir avec des amendes sans cesse plus fortes voire de peines d’emprisonnement pour les plus récalcitrants. On sollicite à coup de hashtag le confinement, l’«union sacrée» avec un vocabulaire guerrier que l’on pense encore mobilisateur mais dont les week-ends ensoleillés démontrent le contraire. Et c’est là que nous découvrons que, finalement, nous nous étions crus tout puissants et immortels mais que la liberté peut être mise entre parenthèse pour tous de manière instantanée y compris dans un pays européen comme la France. Certains semblaient l’avoir oublié mais l’argent et le pouvoir ne protègent personne face à la mort inéluctable de chacun – qu’importe la cause, qu’importe le moment.
En refusant de voir la mort comme fin de toute chose vivante, en détournant le regard, l’être humain depuis longtemps se divertit face à la destruction générée par un capitalisme sans morale qui promeut l’individu et détruit les liens entre lui et la nature au nom de l’argent. L’individu faible face à un État tout puissant contre lui mais impuissant à replacer en premier les valeurs de solidarité, de vie et d’égalité. L’être humain en Occident refuse de se préparer à la mort, à la maladie et aux effets d’un capitalisme débridé qui s’approprie la vie en lui déniant ses spécificités et son caractère tout aussi inaliénable que notre liberté humaine.
Le capitalisme nous donnait l’illusion que le monde nous appartenait, à l’échelle individuelle le confort avait remplacé la réflexion, la consommation remplaçait les failles affectives, la performance économique remplaçait l’humanisme des institutions sociales. Nous nous sentons autorisés à enfermer des animaux pour les élever, les faire se reproduire, les abattre tous à la chaîne comme si la Terre était devenue un grand camp de concentration du vivant à exploiter au profit de quelques privilégiés. Or, la vie n’est pas une marchandise, le vivant n’appartient pas à l’être humain, l’être humain fait partie de son environnement. Il ne saurait y avoir de droit de propriété absolu sur le monde et sur les personnes. Lorsqu’un individu ou un groupe d’individus possèdent tant d’argent ou de pouvoir qu’ils peuvent agir à leur guise en commettant des écocides, en séparant définitivement les animaux et les êtres humains de leur environnement, en générant un dérèglement du climat, des sociétés, du travail, ils exercent bien un abus de position dominante. La nature envoie donc ce qu’elle a pour se défendre en cas de surpopulation : un virus. Un virus n’a pas de morale lui non plus mais demeure un système de régulation naturel parmi d’autres face à une trop forte densité et apparemment un outil politique pour nous priver de tout ou partie de nos libertés. Il s’agit manifestement d’une arme biologique entre les mains des hommes et femmes politiques.
L’être humain, étonné, découvre que ses institutions sociales ont été rendues dysfonctionnelles par le capitalisme et la technocratie qui ont été érigés de facto depuis le 19e siècle au rang de religion et de doctrine administrative. Il découvre que le plus important dans la vie est d’être vivant, en bonne santé, entouré mais libre. Il découvre qu’il ne peut abdiquer de son rôle de régulateur de ses institutions y compris économiques et qu’il est de son devoir d’exiger la liberté ainsi qu’une économie sociale, solidaire, égalitaire et écologique.
Ce virus doit être pour nous, humains, le moteur d’une réflexion, d’une moralisation du capitalisme à l’échelle mondiale afin de faire cesser notre asservissement à l’agenda de la finance. Cela passe, notamment, par la fin de l’indépendance des banques centrales, la nationalisation des banques de dépôt, le contrôle accru des banques d’investissement ainsi que la création d’institutions nouvelles telle qu’une organisation mondiale de la nature ou de l’environnement qui garantirait les grands équilibres naturels. Une réflexion globale concernant nos chaînes d’approvisionnement et de production doit être enclenchée avec des actions concrètes pensées dans le cadre d’une stratégie assumée sur le long terme. Il n’y a pas à attendre une « autorégulation » des marchés, de l’économie, de la monnaie. L’argent, l’économie ne sont pas des idoles à qui il faudrait faire confiance. L’argent n’est qu’une illusion visant au départ à faciliter les échanges mais qui aujourd’hui ne participe que trop à l’extermination du vivant et à l’exploitation généralisée de tous par tous. La seule création de richesse résulte pourtant des capacités de reproduction du vivant, l’être humain ne parvenant qu’à transformer au travers son processus productif. L’humanité entière semble réduite en esclavage de la fausse nécessité de générer de la croissance économique et de tout mesurer en point de PIB. Pourtant, le jour où l’être humain détruira la nature, il perdra en plus de sa richesse, sa base morale et sa liberté. Il n’aura plus un endroit où échapper à la société capitaliste qui impose de travailler ou faire travailler pour gagner sa vie, alors qu’à l’origine la vie est sans prix. A travers ce processus productif, nous offrons au profit de quelques-uns et au détriment de tous ce qui ne peut en aucun cas être remboursé : notre temps, nos vies entières, nos libertés, notre biodiversité. Peu à peu, nous nous dirigeons tous sans broncher vers un monde lugubre où la vie sera définitivement enfermée dans un terrarium ou confinée dans des réserves. Nous nous plaignons du confinement, mais nous confinons sans cesse davantage la nature dans des frontières réduites que nous ne respectons pas. Et nous-mêmes, nous nous séparons d’elle de façon physique et symbolique dans nos villes, avec notre argent et notre technique au risque de subir la tyrannie de nos pairs par le biais, notamment, du numérique.
La Terre n’appartient qu’à elle-même ou plutôt n’appartient à personne. C’est par les secteurs non marchands, par la solidarité, par la prise de conscience de chacun que l’être humain sortira d’une crise qui lui fera peut-être apprécier davantage le seul bien qu’il doit défendre : la vie – y compris la sienne, la liberté de pouvoir circuler sur une Terre saine, en harmonie avec elle et les autres quel que soit leur genre, leur âge, leur origine, leur espèce.
Le Monde d’après doit nous permettre de faire émerger une civilisation verte avec ses institutions nouvelles où il serait interdit aux États, aux individus, aux corporations de chercher à s’approprier le vivant, la capacité de reproduction de la vie ainsi que les organisations sociales. Nous devons mettre en premier le respect de la biodiversité, la préservation des écosystèmes naturels, de la parité, ainsi que le droit de chaque espèce à la vie équilibrée. Cela passe par un respect des capacités de reproduction des animaux et des êtres humains, notamment, des femmes qui ne sauraient être réduites en ventre à louer. Le risque étant l’ultime exploitation de l’humain dans le cadre du biocapitalisme naissant assorti de la mort globale de l’environnement et son remplacement par l’artificiel et le numérique.
#LeMondeDaprès doit penser la liberté humaine, la nature, le capitalisme car avant d’être des travailleurs, des consommateurs, nous sommes des êtres humains. Ce qui doit se terminer aujourd’hui, est le cynisme face au vivant et l’illusion du tout argent. Ce qui doit se terminer aujourd’hui c’est la société de marché où le marché a pris le pas sur la société.
Par Juliette de Causans
Co-fondatrice du think-tank Eurocratia
Après un report sollicité par le gouvernement du fait de la crise du Coronavirus, sur le marché des plateformes VàD (vidéo à la demande) un nouveau venu se lance dans la compétition ce 7 avril 2020 en France : Disney+, 5 mini-chaînes avec les contenus Disney, Pixar, Marvel, Star Wars et National Geographic soit un catalogue de près de 7500 épisodes de séries, 300 films du catalogue historique et 100 films inédits et plus récents. Le contenu français est certes moins riche que sa sœur américaine déjà sortie le 12 novembre dernier du fait des contraintes de calendrier spécifique à chaque zone, mais – grâce à cet important catalogue préexistant et à sa notoriété, Disney+ possède des atouts par rapport à ses concurrents déjà établis (en particulier Netflix, leader du marché) afin d’espérer prendre des parts de marché.
Avec le confinement, le secteur des plateformes de VàD est l’une des rares activités qui ne faiblit pas – bien au contraire, Disney anticipant « 60 à 90 millions d’abonnés dans le monde d’ici la fin de (l’exercice budgétaire) 2024 » dont les deux tiers en dehors des Etats-Unis, avec un investissement prévisionnel d’environ un milliard de dollars pour les contenus originaux la première année. En France, le marché de la VàD représenterait plus de 1000 millions d’euros et pour la première fois en 2019, Netflix (comptant 6 millions d’abonnés en France) aurait pénétré le marché audiovisuel tout support confondu à plus de 20%. Disney+ souhaite donc se positionner durablement sur ce marché en pleine expansion de l’économie numérique grâce à un prix attractif de 6,99 euros/mois ou 69,99 euros/an pour quatre écrans simultanés. Ceci correspondant à un tarif moindre que Netflix qui dispose d’un prix d’appel à 7,99 euros pour un écran et 15,99 euros pour quatre mais dont le catalogue sollicite de nombreux studios à travers le monde.
Cette perspective de réussite durant la crise du Coronavirus étant en fort contraste avec les activités plus traditionnelles du groupe Disney au sein du monde réel, puisque rien ne va plus, par exemple, pour le parc de Marne la Vallée, qui a dû annuler quatre spectacles en raison de la pandémie et du confinement qui lui est associé. La direction du parc ayant d’ailleurs cherché dès le 1er avril une rupture amiable de quelques centaines de contrats d’intermittents du spectacle à qui des mesures de chômage partiel ont finalement été proposé sous la pression jusqu’au 19 avril. Pour la suite, l’avenir est incertain pour le parc et ses employés, le risque étant la rupture pure et simple des contrats pour cause de force majeure. En plus de la perte de leur emploi, certains risquaient celle de leur statut d’intermittent lié au 507 heures à accomplir dans l’année voire leur logement sur place –concernant les étrangers et les provinciaux.
Face à ce risque commun à tous les intermittents du spectacle (artistes et techniciens), le gouvernement, notamment, Franck Riester ministre de la culture et Muriel Pénicaud, ministre du travail, ont décidé de neutraliser la période démarrant le 15 mars et s’achevant à la fin du confinement de la population française pour :
– le calcul de la période de référence ouvrant droit à assurance chômage et à droits sociaux pour les intermittents du spectacle ;
– le calcul et versement des indemnités au titre de l’assurance chômage pour les intermittents du spectacle en fin de droit pendant cette phase de l’épidémie.
Le ministre de la Culture a, de plus, annoncé étudier en lien avec les professionnels et les organisations syndicales de salariés et d’employeurs, les dispositifs d’accompagnement qui permettront de soutenir l’emploi artistique à l’issue de l’épidémie.
La France a l’heure du confinement a donc dû s’adapter, les plateformes aussi dont la demande explose. Afin de faciliter le télétravail et la qualité de connexion durant cette période, le gouvernement français a enjoint les plateformes existantes (plus de 80 en France) à réduire la qualité de leur vidéo durant toute la durée du confinement et obtenu un décalage de la sortie de Disney+ en France au 7 avril 2020 au lieu du 27 mars comme initialement prévu pour éviter les encombrements. Il faut dire que la VàD représente usuellement jusqu’à 30% du trafic Internet dans le monde et produit d’ailleurs au passage des gaz à effet de serre qui rien que pour Netflix équivaudraient aux émissions d’un pays comme le Luxembourg.
A minuit, ce 7 avril, il a donc été possible de se connecter et de prendre un abonnement. Après différents tests, la plateforme est parfaitement fonctionnelle, ergonomique, disponible sur tous les supports (ordinateur, tablette, Apple TV, smartphone…) avec un contenu très attractif, en particulier, pour les enfants. Ce contenu, moins diversifié que celui de Netflix, demeure riche et correspond à ce qui était attendu. Concernant les sous-titres et les langues audios, le français est présent avec même parfois en bonus une version français canadien. Il manque, cependant, encore l’audiodescription en français sur de nombreux titres. Les cinémas étant clos, cette offre supplémentaire est la bienvenue durant ce long confinement. Disney+ a cherché à rendre son offre d’autant plus attractive que certains contenus comme Avatar autrefois présents sur d’autres plateforme telle Amazon Prime Video sont dorénavant exclusivement sur Disney+ avec de nombreuses autres exclusivités, notamment, la série Mandalorien, nouvelle venue dans la famille Star War, très attendue par les fans.

Le Coronavirus, à travers l’exemple des activités du groupe Disney, aura eu encore une fois des effets visibles en termes de déstructuration de l’économie réelle au profit de la digitalisation et de la consommation en ligne. Le secteur du divertissement étant particulièrement touché par cette tendance. Reste à savoir si ces changements d’habitude de consommation seront pérennes à la suite du déconfinement.
SYNTHESE – Tribune – Pour une Grande Cause Européenne de l’Égalité femmes-hommes
par Juliette de Causans, @JulietteCausans, co-Présidente du Think tank Eurocratia, Secrétaire générale de l’Association Nous Sommes Leurs Voix
Avec Emmanuel Macron, Président de la République, l’égalité femmes-hommes a pris une toute autre envergure puisqu’elle est devenue la Grande Cause du quinquennat, l’un des axes transversaux d’action du gouvernement et l’élément clef de la présidence du G7 par la France au travers de la diplomatie féministe. Les résultats sont visibles puisque la France a obtenu le score de 100 sur 100 de la Banque mondiale concernant l’égalité des droits légaux entre les femmes et les hommes devant des pays tel que les États-Unis.
Si la cause des femmes est portée à l’échelle nationale et internationale, elle est aussi une action du quotidien en termes d’écoute comme l’a démontrée la visite surprise d’Emmanuel Macron à Pessac, le 28 février dernier, dans le cadre d’un Grand Débat au féminin.
Les inégalités femmes-hommes coûteraient pas moins de 62 milliards euros à la collectivité française. La conciliation vie professionnelle et vie personnelle étant l’un des principaux freins au développement de la carrière professionnelle des femmes, de leurs compétences, et donc une source de perte de croissance pour l’économie et de bien-être pour la société. Le gouvernement français s’affaire. La France a pris un rôle phare dans le domaine et assume sa ligne. Elle continuera à le faire à l’occasion de la présidence française du Conseil de l’Europe par la promotion de la Convention pour l’élimination des violences conjugales et domestiques (dite Convention d’Istanbul).
L’Union européenne a été pionnière dans la défense du droit des femmes grâce à la jurisprudence volontariste de sa Cour de Justice et à ses nombreuses directives. De nombreux acquis favorables aux femmes sont de son fait, l’un des plus prégnant étant l’alignement des droits à la retraite des travailleurs à temps partiel sur ceux à temps plein. Cependant, le combat doit prendre ne nouvelle dimension par la mise en place d’une grande cause européenne pour l’égalité femmes-hommes.
Les droits des femmes sont liés au bon fonctionnement de la société puisque les femmes assurent majoritairement le rôle d’aidant, les métiers dit du careou des services, la charge mentale des foyers. L’éducation des enfants peut aboutir à un véritable décrochage des mères en termes d’employabilité. La discrimination à l’embauche, à la promotion, l’orientation genrée sont un facteur d’inégalité mais aussi de perte de performance pour les entreprises. Enfin, la baisse de la natalité et de pouvoir d’achat induite pèse sur le système des retraites de l’Europe.
L’économie européenne possède là une manne de croissance inexploitée. Les femmes européennes doivent pouvoir déployer leur potentiel d’innovation et de création, ceci étant déterminant pour que l’Europe comble son retard face aux Etats-Unis. Dans le cadre de la grande cause européenne de l’égalité femmes-hommes, la création d’un fonds de cohésion égalité serait l’une des premières mesures à prendre. Il financerait l’implantation de crèches, la formation des parents en congé parental – par exemple vers les secteurs de l’innovation et du numérique, la création d’espace de garde et de jeux au sein des grandes entreprises, des congés parentaux allongés et d’autres dispositifs de rencontre intergénérationnels mais aussi d’orientation des filles. La formation à distance et le télétravail seraient stimulés.
Cette grande cause permettrait de penser la non réversibilité du droit des femmes, de prévoir la parité au sein des institutions européennes, d’exonérer de TVA les produits d’hygiène liés au genre et de donner une nouvelle orientation à nos relations commerciales par l’introduction d’une clause Egalité dans chacun de nos accords à l’appui d’une diplomatie féministe européenne. Il s’agirait à travers cette grande cause européenne d’impulser une nouvelle dynamique à l’égalité des droits à l’échelle du continent et du monde.
L’Europe doit être un lieu où le plein potentiel du bonheur humain doit pouvoir s’exprimer dans le respect de chacun. Ce potentiel ne se développera que par la prise en charge collective des différences de genre, de l’éducation des enfants, de l’aide aux personnes âgées.
A plus long terme encore, ce n’est que par l’adoption d’une ligne philosophique et éthique claire que les valeurs européennes humanistes résisteront aux évolutions technologiques et biotechnologiques ainsi qu’à la montée des fondamentalismes à travers le monde. La possibilité du choix du sexe de l’enfant in utero, la création possible à terme d’un utérus artificiel seront autant de défis voire de dangers concernant la place de la femme et de la maternité dans nos sociétés. Ce n’est que par l’élimination du sexisme, l’instauration d’une égalité réelle et le refus d’une atteinte irrémédiable de l’équilibre entre les genres que ces évolutions (dont certaines devront être refusées) seront sans effet néfaste sur l’humanité.
En tant qu’européenne, je porterai ce thème de l’égalité au cœur du projet européen et j’appelle tous les humanistes à faire de même.
Tribune Pour une grande cause européenne de l’Egalité femmes-hommes
Avec plus de 350 personnes, 80 questionnaires remplis sur place, 50 questionnaires remis par correspondance, la Consultation citoyenne Europe fut un grand succès.
En présence du député du Vaucluse M. Julien Aubert, du maire de Beaumont de Pertuis M. Jacques Natta, du Maire de Farnese M. Massimo Piagini ainsi que bien sûr du représentant du Conseil de l’Europe M. Bernard Marquet, la consultation citoyenne a permis aux citoyens de tout âge d’interroger l’Europe.
Nous félicitons toute l’équipe d’Eurocratia et, en particulier, Madame Nadia Armogathe, co-Présidente Eurocratia et des élèves du Lycée Louis Martin Bret présents toute la journée sur le stand.
La co-organisation d’Eurocratia (Madame Nadia Armogathe et Juliette de Causans), de la mairie de Beaumont de Pertuit et du Lycée Louis Martin Bret (les élèves de la filière accueil-relation clientèle) ont permis à cet événement d’envergure de voir le jour.
Nous remercions aussi, tout , particulièrement, le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour son soutien tout au long de l’organisation.

